Les Fonderies de Bretagne, implantées à Caudan (Morbihan), ont été placées en redressement judiciaire, une décision qui plonge les 250 salariés de l’entreprise et leurs familles dans une profonde incertitude. Cette nouvelle relance le débat sur l’avenir de ce site industriel stratégique et sur le rôle de l’État dans son devenir.

Pierre-Yves Cadalen Aurélie Trouvé

Pour les députés du groupe La France insoumise, cette situation résulte d’un « pillage financier » dont ils attribuent la responsabilité au fonds Alpha Blue Ocean, présenté comme propriétaire du repreneur Europlasma. Ils reprochent également au gouvernement d’avoir autorisé la reprise de l’entreprise en 2024 malgré les antécédents judiciaires du fonds d’investissement.

Les élus dénoncent également un possible conflit d’intérêts, soulignant que Laurent Collet-Billon, ancien délégué général pour l’armement, siège aujourd’hui au conseil d’administration d’Europlasma. Ils estiment que ces éléments renforcent la nécessité de faire toute la lumière sur les conditions de cette reprise.

Face à la situation, les députés insoumis demandent une nationalisation temporaire des Fonderies de Bretagne. Selon eux, cette mesure constitue désormais la seule solution permettant de préserver les emplois, de relancer l’activité industrielle du site et de garantir la souveraineté industrielle française, alors que l’usine était appelée à produire des pièces destinées à la défense nationale.

La députée Aurélie Trouvé, rapporteure de la commission d’enquête sur les fonds prédateurs, a annoncé demander un rendez-vous avec le ministre chargé de l’Industrie, en proposant d’y associer les parlementaires concernés par le dossier. Elle indique également suivre le signalement qu’elle a adressé à l’Autorité des marchés financiers concernant Alpha Blue Ocean et souhaite obtenir des explications sur l’état d’avancement de cette procédure.

De son côté, le député du Finistère Pierre-Yves Cadalen affirme rester mobilisé aux côtés des salariés et assure que le groupe La France insoumise soutiendra les initiatives visant à défendre l’avenir de la fonderie.

Les parlementaires estiment enfin que la situation des Fonderies de Bretagne n’est pas un cas isolé. Ils citent plusieurs autres entreprises industrielles qu’ils jugent menacées, notamment les Forges de Tarbes, Valdunes, Inertam et Satma, cette dernière ayant été placée en redressement judiciaire au début du mois de juin. Une délégation composée d’Aurélie Trouvé, Aurélien Saintoul et Sylvie Ferrer prévoit de se rendre aux Forges de Tarbes le 9 juillet afin de rencontrer les salariés.

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