Les Insoumis du Morbihan ont adressé une lettre ouverte au président de l’Université Bretagne Sud (UBS) après avoir été informés de l’organisation, le 17 février prochain, d’une séance de sensibilisation à la radicalisation destinée aux personnels de l’établissement.

Le mouvement souhaite réagir à cette initiative, qu’il estime problématique, et appelle la direction de l’université à s’expliquer sur les objectifs et le contenu de cette formation.
Monsieur le Président,
Vous présentez cette séance comme s’inscrivant « dans le cadre du réseau national des conférenciers spécialisés, chargés de la sensibilisation, de la prévention et de la lutte contre la radicalisation sous toutes ses formes : religieuse, subversions violentes (ultra- droite et ultra-gauche) » tout en soulignant qu’ « un focus sera effectué sur la radicalisation islamiste, du fait de la prégnance des risques d’attentat. »
Présentée comme un outil de prévention, cette initiative repose sur un cadrage problématique, en mettant l’accent sur la radicalisation islamiste et en établissant une équivalence avec une supposée « ultra-gauche ». Ce choix contribue à entretenir des amalgames persistants, en associant des engagements politiques ou militants à des formes de dangerosité, tout en minimisant d’autres réalités pourtant bien documentées dans le pays de Lorient, notamment les violences racistes, islamophobes et d’extrême droite. En moins d’un an, plusieurs faits graves l’illustrent clairement : la découverte d’un cochon décapité devant le domicile d’un foyer lorientais, des autodafés revendiqués à Lanester, ainsi que des agressions physiques visant des militantes et militants de gauche perpétrées par un groupe néonazi.
Cette initiative s’inscrit, de surcroît, dans un contexte national préoccupant, marqué par la diffusion récente, au sein des universités, de questionnaires adressés aux personnels portant sur leurs opinions et pratiques professionnelles. Ces démarches, cumulées, nourrissent un climat de suspicion généralisée peu compatible avec les principes fondamentaux de liberté académique, de laïcité, de pluralisme et de confiance qui doivent prévaloir dans l’enseignement supérieur.
La France insoumise Morbihan rappelle que la prévention des radicalisations ne peut se faire ni par l’amalgame, ni par la stigmatisation d’une religion, ni par la mise en cause implicite des engagements antifascistes. L’université doit rester un lieu de savoir, d’émancipation et de débat critique, et non un espace de surveillance idéologique. Ainsi, nous appelons la présidence de l’UBS à clarifier les objectifs et les contenus de cette action, et à garantir que toute politique de prévention respecte pleinement les libertés fondamentales et les missions dévolues à l’université.
Veuillez croire, Monsieur le Président, en notre attachement aux valeurs de justice, d’égalité et de liberté.
La France insoumise du Morbihan.